La haie sèche

On l’appelle aussi haire morte. Morte ? Moi, je ne trouve pas !

Une fois bien en place, elle attire du monde : Troglodyte mignon, Lézard vert, Pisaure admirable pour les constants. Mésange bleue, Accenteur mouchet, Fauvette à tête noire… pour les oiseaux de passage.

Ce sont d’ailleurs ceux-ci qui se chargent – en se déchargeant (!), d’ensemencer de leurs fientes cette haie sèche. Ici une graine de sureau qui germe, là un prunier sauvage, un Cornouiller sanguin. Il faudra du temps pour que la haie se végétalise, mais rien ne presse.

Dans la haie, ici, nous avons anticipé : à ses pieds, ce printemps, ont été plantés des kiwaï chargés de l’habiller de vert et de participer à la production fruitière du jardin. L’idée est de réserver cet espace aux grimpantes véloces. Sur la fagotière, ilot central du jardin, ce sont houblon et clématite qui enveloppent les branches déposées là depuis des années. Le hérisson de passage appréciera.

Cette haie a surtout cette fonction précieuse ; se passer de la déchèterie, se passer du broyeur, et garder ainsi tout le bois qui ne part en paillage ni chauffage, au service des êtres vivants du jardin. C’est – au passage, une haie de protection efficace.

La haie sèche (ou haie de Bendges, du nom de l’écologue qui l’a remis au gout du jour) n’a rien de moderne.  Elle est apparue autour de nos propriétés bien avant les thuyas et peut -être dès la préhistoire, en tout cas au moyen âge.

Voilà qu’elle devient à la mode, et c’est le bon moment.

Parce qu’elle fait gagner beaucoup : du temps, des déplacements, des feux toxiques et polluants, du pétrole brûlé, des tailles à répétition, et une bande d’amis qui s’invitent à toute heure et toute saison.

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